jeudi 5 décembre 2013

Les larmes de Polac

A l'occasion de ses 50 ans, France Inter diffuse les meilleures minutes de son histoire.
L'occasion de réécouter Michel Polac évoquant avec beaucoup d'émotion l'ouvrage de Svetlana Alexievich : La supplication.

A suivre, deux vidéos d'Arte. La deuxième par ICI




4 commentaires:

  1. Libellules: les fleurs bavent comme des crapauds dans le Post-Exotique Moins 5.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. De toi à moi Alfonso ; peut-être qu' il faudrait citer ici tous les monologues du livre. Tous les noms; ça ne changerai rien, je sais.

      Supprimer
  2. Dans les situations extrêmes, l'homme n'est pas du tout comme on le décrit dans les livres. Cet homme -là, je ne l'ai pas trouvé dans la réalité. Je ne l'ai pas rencontré En fait, c'est le contraire . L'homme n'est pas un héros, nous ne sommes tous que des vendeurs d'apocalypse. Plus ou moins grands.

    (...) Le président du kolkhoze a besoin de deux camions pour évacuer sa famille, ses affaires, ses meubles... Et cela, j'en étais témoin, au moment même où les moyens de transport manquaient : on ne parvenait pas à évacuer tous les enfants des crèches ! Mais le président du kolkhoze trouvait que même deux camions n'étaient pas suffisants pour transporter tout son attirail, y compris des bocaux de trois litres de confitures et de conserves maison. J'ai vu charger tout cela. Mais je ne l'ai pas filmé, non plus.

    (...) Le mécanisme du mal fonctionnera ainsi, même au moment de l'apocalypse. J'en suis sûr. On répendra des rumeurs, on fera de la lèche aux supérieurs, on s'efforcera de sauver sa télé ou son manteau d'astrakan. Même le jour de la fin du monde, l'homme restera tel qu'il est maintenant. Il ne changera pas.

    (...) Une chose extraordinaire m'est arrivé là-bas. Je me suis approché des animaux... Des arbres... Des oiseaux... Ils me sont plus proches qu'auparavant. La distance entre eux et moi s'est rétrécie... Je suis allé à plusieurs reprises dans la zone, pendant toutes ces années... Un sanglier bondit hors d'une maison abandonnée et pillée... Une biche sort de l'habitation... J'ai filmé tout cela. Je veux faire un film, et tout voir au travers des yeux d'un animal. "Qu'est-ce que tu filmes ? me reproche t-on. Regarde autour de toi : il y a la guerre en Tchétchénie !" mais saint François prêchait aux oiseaux. Il parlait aux oiseaux comme à ses semblables. Et si c'étaient les oiseaux qui lui parlaient dans leur propre langage et non lui qui s'abaissait jusqu'à eux ? Il comprenait leur langage secret. Vous vous souvenez de Dostoïevski ? Il parlait d'un homme qui fouettait un cheval sur ses yeux dociles. Un fou ! Pas sur la croupe, mais sur ses yeux dociles.


    Sergueï Gourine, opérateur de cinéma.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alfonso le robot a pour mission de remonter du fond des piscines les corps qui se seraient assoupis dans l'ivresse des profondeurs. Il y parvient toujours.

      Supprimer