lundi 29 juillet 2013

mercredi 24 juillet 2013

Appareil à sous. Pire !



C'est bien connu, il faut attendre que le citoyen entre dans sa léthargie estivale pour que les lois, décrets et décisions diverses s'imposent d'eux-mêmes. En septembre, pourtant ce sera l'insolation - nausées, vomissements, fièvre. 
L'excellent Mediapart, auquel je suis abonnée, informe de cette nouvelle idée du gouvernement pour venir en aide aux plus démunis. 

Introduction :

Livret A : le fric-frac de l'été 
23 JUILLET 2013 | PAR MARTINE ORANGE 
Les banques, qui convoitaient l’épargne du Livret A, ont enfin réussi. Le gouvernement leur offre aujourd’hui 30 milliards d’euros supplémentaires en provenance de l’épargne réglementée, en attendant plus. Un cadeau fait aux banques sans la moindre contrepartie. L’annonce a été faite le plus discrètement possible, par un simple communiqué du ministère des finances et de la Caisse des dépôts, samedi 20 juillet au matin. Mais qu’a donc à cacher le gouvernement pour faire une communication qui ne peut passer qu’inaperçue dans la touffeur d’un matin d’été? Rien de moins qu’un énorme fric-frac sur l’épargne la plus partagée des Français : le Livret A. Les banques, après avoir pris en otages l’État et les contribuables, sont en train de faire main basse sur une partie de l’épargne des Français.
La suite ICI en fichier PDF à télécharger et disperser.

Les commentaires sont riches de suggestions, mais aussi de questions : jusqu'ici l'État, gestionnaire des livrets A et dits de développement durable (on ne rit pas), était garant d'une faillite, d'une banqueroute. Maintenant, la banque devenue responsable ne préserve plus de rien. Un seul mot : vider ses comptes. 


mardi 9 juillet 2013

A l'ombre

"Le charme" au parc de Sceaux
Dans les jardins du parc de Sceaux, j'ai repris la lecture du Charme. Quelques jours auparavant, Le Charme des penseurs tristes était arrivé jusque chez moi par la bénédiction d'une amitié qui me réjouit. Il fallait un endroit et un moment particuliers pour le lire, les premières pages m'en avaient donné l'indication. C'est donc allongée sur l'herbe, sous un arbre, que j'ai rejoint par l'esprit l'Ordre de la mouche à miel.
Frédéric Schiffter est l'auteur de ce petit ouvrage de 165 pages qui a, comme ses autres oeuvres, l'avantage de se faire léger dans un sac de fille. Pour autant, il y a de la densité, de la profondeur et, comme toujours, ce style tellement précis et raffiné; preuve que l'exercice de la concision - exercice délicat s'il en est- donne à la littérature sa forme la plus gracieuse.
L'essai de Frédéric Schiffter s'ouvre sur une préface qui fait les politesses avec, naturellement, une grande civilité. Par son histoire - portée et à la fois démantelée par un drame initial - et, peut-être, une certaine prédisposition, il se reconnaît dans les figures de penseurs plus ou moins méconnus. C'est qu'ils ont en commun cette similitude : "le charme des pensées mélancoliques opère tel un souffle léger, subtil et néanmoins pénétrant, sur des consciences cultivées sujettes elles aussi à des langueurs et au doute".

Ce pourrait être la photographie d'une famille, un genre de famille Adams, baroque, singulière, aux atours dépareillés et qui pourtant s'accorde sur cette vie qui ne vaut rien, mais que rien ne vaut. Hormis Roland Jaccard - qui poursuit son chemin - tous sont morts, par fatalité ou par choix. Tous auront eu cette particularité d'avoir été hantés par l'ennui et le malheur d'être nés. Insensibles aux artifices qui habitent le vide - par excès de sensibilité aux évènements-, ils adoptent face à l'évidence de la vanité de tout, à la férocité de l'humanité, à l'injustice du temps, au caractère éphémère de toute forme de vie, la posture dés-engagée d'une indifférence nonchalante. Ce qui les caractérise et les rend détestables à autrui, c'est probablement cette absence totale d'intention.

Au nombre des penseurs tristes, neuf personnages - un par chapitre - ont trouvé logis au sein du château des ombres : Grand-père Socrate ouvre les grilles, suivi des cousins: l'Ecclésiaste et La Rochefoucauld. Tante du Deffand sourit de sa fenêtre à son filleul Herault de Séchelles, tandis que Cioran, Albert Caraco, Gomez Davila, Henri Roorda et Roland Jaccard -le grand frère de l'auteur - ricanent sur un banc, dans la fraîcheur des rosiers. Sans humour, sans sarcasmes, sans le plaisir du mot pour le mot, la cruauté, le non-sens de la vie serait insoutenable.

En nous conviant dans cette maison, Frédéric Schiffter nous invite à contempler les figures d'un autre temps, même s'il nous est contemporain. Ici les morts parlent et sont plus vivants que nous. Chacun à sa manière se possède, sans concessions, et chacun occupe son temps en ayant fait le choix du style plutôt que de participer. Ceci vaut aussi bien que cela.
Ce Charme des penseurs tristes, totalement démodé dans l'agitation qui nous oblige, est comme un bastion immatériel et ultime d'une pure vérité. Sur l'herbe du parc de Sceaux, j'ai senti que le souffle léger et néanmoins pénétrant de ces beaux portraits continuerait de voleter dans mes pensées bien après avoir tourné la dernière page. Mais c'est bien là l'effet du charme.



A paraître le 28 août 2013

Edit : lire aussi chez Virginie ICI