lundi 25 mars 2013

Sogno di ragazza


On en rapportera des perles de verre, de la dentelle et peut-être des ampoules; de la pluie dans le cou, du brouillard dans les cheveux et peut-être une nouvelle paire de bottes en caoutchouc. On a mis Thomas Mann dans le sac pour l'ouvrir dans l'avion et peut-être le laisser là-bas.
D'ici demain, il reste encore du temps pour en rêver.

mercredi 20 mars 2013

Des torchons


« Ah ça alors !! »
« Oh! le vilain » 
« L’enquête de Mediapart a révélé.... » 
Depuis hier, on n’entend que cela sur France Inter. Depuis hier, on dépèce, on se repaît de la carcasse d'une bête qu'on n'a pas chassée.
Et pas que sur France Inter. Il n’y a qu’à lire Libé, Le Monde, Le Figaro... Partout ailleurs qu’à Mediapart on fait des « ça alors! », comme réveillé brutalement d'un épisode neigeux cataclysmique mais tellement moelleux pour les consciences. On joue les surpris, on dit qu'on ne savait pas...

Une affaire Cahuzac ne montre pas la corruption des politiques, on le savait, elle nous met le nez sur la collusion des journalistes avec le pouvoir et nous rappelle, si c'était nécessaire, que nous sommes les moutons d'un berger qui a peur du noir.
En conséquence, on devrait requalifier le titre de journaliste et retirer leur carte de presse -avec avantages fiscaux afférents - à tous ces bateleurs de la presse officielle. Une idée à soumettre au prochain ministre du budget.

lundi 4 mars 2013

Play again

L'enlèvement de Proserpine - Le Bernin
Dans son ouvrage Je t'aime à la philo - Quand les philosophes parlent d'amour et de sexe*, Olivia Gazalé écrit :

Pour Kundera comme pour Bataille, « l'amour physique est impensable sans violence ». Une violence qui n'a pourtant rien à voir avec la sauvagerie animale. Le cochon, qui ne connaît pas l'interdit, ne peut jamais désobéir, tandis que l'homme, lui, se fixe des règles qu'il est libre de transgresser. Il est donc le seul être capable de ce « jeu alternatif de l'interdit et de la transgression » qui constitue le fond de l'érotisme. Violer un interdit, ce n'est pas régresser à l'état naturel, mais au contraire réaffirmer en creux la validité de cet interdit. Loin d'être bestial, l'érotisme témoigne d'un rejet de l'animalité. La proposition se vérifie lorsque l'on considère l'importance accordée à la beauté physique des partenaires sexuels. Par-delà la subjectivité des goûts, il existe un idéal universel de beauté, qui consacre l'effacement de l'animalité visible. Un corps nous paraît d'autant plus désirable qu'il dissimule au mieux les fonctions physiologiques, la mécanique des organes et tout ce qui évoque la bête non répudiée.
* Ed. Robert Laffont