lundi 30 avril 2012

Lumières et ampoules

Je le vois bien ma soeur, vous n’aimâtes jamais;
Vous ne connaissez ni l’amour ni ses traits:
On peut lui résister quand il commence à naître,
Mais non pas le bannir quand il s’est rendu maître,
Et que l’aveu d’un père, engageant notre foi,
A fait de ce tyran un légitime roi:
Il entre avec douceur, mais il règne avec force;
Et quand l’âme une fois a goûté son amorce,
Vouloir ne plus aimer, c’est ce qu’elle ne peut,
Puisqu’elle ne peut vouloir que ce qu’il veut:
Ses chaînes sont pour nous aussi fortes que belles.


Camille à Sabine - Acte III, scène 4 
Horace de Pierre Corneille

2 commentaires:

  1. C'est peut-être là l'enjeu véritable...
    Ne pas laisser Horace seul et sans commentaire.

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